Entre le retour de Nicolas Sarkozy et les bidouillages de tout un chacun pour prendre le pouvoir, je me pose tout de même la question de la représentativité. On voit et on entend toujours les mêmes guignols défiler à la télé, et ce depuis plus de 40 ans. J'en ai marre de voir toujours les mêmes tronches nous expliquer, à quelques années d'intervalle, et avec quelques rides de plus, qu'il “faut du renouveau” - mais défendant toujours les mêmes idées. Quand je les entends, les Juppé, Copé, Raffarin, Fabius, Aubry, Le Pen... Ils composent le paysage politique depuis quasi un demi-siècle, et tout ce qu'ils arrivent à faire c'est rendre la vie des gens pire. Dites, vous avez le sentiment qu'ils changent fondamentalement d'idées ? Que vieillir leur fait la grâce de la sagesse ? Que nenni ! Pas une remise en cause du système qui les nourrit depuis des années et qu'ils ont en large partie contribué à constituer. Pas pour le peuple, mais pour eux.

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Une recherche rapide sur le site de l'Assemblée Nationale confirme mon pressentiment que nous sommes gouvernés par une bande de bulots qui se sont installés là il y a quelques dizaines d'années et, bien accrochés, n'en tomberont que quand ils seront morts... ou que le peuple les mettra définitivement à la retraite. Un petit tour sur le site de l'AN, dont je croise les chiffres avec ceux de l'InSee, m''informe que 73.8% (donc les trois-quarts) des députés ont plus de 50 ans. Sans compter que sur les 577 députés, on compte quand même 426 hommes. Et je ne vous parle pas du Sénat, mais comme je suis pour son abolition, je ne vais même pas le mentionner. La France dans son ensemble compte 37.3% de gens au-dessus de 50 ans. Où est la représentation de la génération qui arrive ? Est-ce qu'ils savent au moins que la plus grosse part de la population française (un peu plus de 15%) est formée de gens de moins de 15 ans ? Qu'il va falloir de l'investissement public, des infrastructures d'éducation, de santé, des services publics... et du boulot pour tous ces jeunes qui arrivent ?

Sans vouloir faire du jeunisme, ni me lancer dans un conflit générationnel, ça fait plus de 40 ans qu'on voit les mêmes guignols promouvoir du changement. Si encore il s'agissait de nouvelles têtes, mais non, toujours les mêmes, affaire après affaire, casserole après casserole, ils reviennent à la charge nous donner des leçons. Alors que clairement, vu ce qu'ils font du pays depuis 40 ans, le peuple français n'a strictement aucune leçon à recevoir de ces gens-là. Ils se contrefichent du pays, et ne sont clairement pas capables d'avoir une vision d'avenir de la France. Tout ce qu'ils font depuis qu'ils sont là c'est nous lancer des mots comme des coquilles vides pour promouvoir des réformes qui ne conviennent qu'à eux et aux intérêts de ceux qui les paient. Comment ces gens, en immense partie des cadres supérieurs, avocats d'affaires et magouilleurs professionnels, pourraient-ils avoir la moindre idée de ce que c'est que d'avoir moins de 35 ans et de galérer pour trouver du travail, faire des études, faire des projets ? A 48.9% de moins de 40 ans dans la population française, nous sommes représentés par 37 députés (dont une seule de moins de 30 ans, et c'est en plus celle qui a un problème de phobie des immigrés, bonjour la représentation), soit 6.4% des élus à l'Assemblée Nationale.

La population française est jeune. Evidemment que ça nous inquiète quand on nous rallonge encore l'âge de la retraite, mais pour le coup on est plus à une forme d'exploitation – d'esclavage moderne – près. Ce qui nous inquiète surtout c'est de savoir comment diable on va réussir à survivre d'ici là, dans la sinistrose ambiante. La rage contre le système qui ne veut pas de nous, parce qu'il n'a pas été fait par nous, et Pépère qui vient nous annoncer à la téloche (qu'on ne regarde plus, d'ailleurs) que si l'on continue les mesures d'austérité à ce rythme, on aura remboursé la dette en 2040. Merci pour nous, d'ici là on aura votre âge – j'espère juste qu'on sera pas aussi bornés sur des positions intenables impliquant des chiffres dont tout le monde se fout (de grâce, faites-moi la faveur de m'achever si je commence à vous tenir des discours sur l'importance de réduire notre dette publique à 3% ou autre ineptie). Déjà ils seront partis, ils nous auront laissé le pays dans un état lamentable, et ce sera à nous de tout reconstruire. Je propose qu'on s'y attèle maintenant.

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Faisons-leur une fleur : mettons-les à la retraite.

Les jeunes, bougez-vous, c'est votre heure. Clairement, leur vieux paradigmes disant qu'on serait des incapables à leur place montrent surtout que les incapables, ce sont eux. La caste, l'oligarchie, appelez comme vous voudrez ceux qui sont aux manettes. En attendant ils nous empêchent de vivre tous les jours par l'application politique de leur vision du monde qui a cessé d'évoluer dans les années 80. Et si nous aussi on s'y mettait ? On vit là autant qu'eux, non ? On est pas plus bêtes qu'une autre génération, si ? Jusqu'à quand on va les laisser nous pourrir l'univers ? La vie, c'est pas attendre que ça se passe : organisez vos manifestations, partagez sur les réseaux sociaux ce qui vous fait hurler, réfléchissez à des solutions. On a la chance de maîtriser un outil que les puissants ne maîtrisent pas aussi bien que nous : le web. Leurs lois de censure nous font rigoler avant même qu'elles aient été mises en place, parce qu'on a tous pris nos dispositions en amont. C'est cette plateforme de liberté d'expression la plus ultime, qui nous permet en plus de nous rendre compte qu'un événement Facebook peut faire tomber des régimes illégitimes, si suivis d'action de la jeunesse. Ca prend du temps, mais il arrivera bien un moment opportun pour qu'on casse la baraque. Alors je sais que ça paraît impossible de déloger ces têtes qui passent en rang d'oignons dans les médias depuis qu'on est nés, mais honnêtement, vu comme on est nombreux, et considérant que le temps leur est compté (plus rapidement qu'à nous en tout cas), si on s'y met tous, on les bat au bras de fer sans problème. Easy. L'Evolution de l'Humanité, c'est nous, pas eux. Tous dehors. Et ça s'applique aussi à l'autre qui fait son come-back. “Cassez-vous, pôv' cons”.